Nous avions publié le 9 mars dernier un post concernant la question parlementaire concernant les recherches sur la fusion froide (http://www.fusionenuclearefredda.org/COLD%20FUSION/interrogazione_zamparutti.pdf) adressée par écrit au Ministre du Développement Économique Corrado Passera par la parlementaire Elisabetta Zamparutti et d’autres membres du parti radical, Betrandi, Bernardini, Farina, Coscioni, Mecacci, Turco,

Voici la réponse du Sous-secrétaire d’Etat Claudio De Vincenti.
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Il convient tout d’abord de souligner qu’après plus de vingt ans de l’expérimentation de Fleischmann et Pons, la recherche sur la « fusion froide », aujourd’hui plus connue comme étude de réactions nucléaires à basse énergie, a accompli des pas de géant, tant au niveau expérimental que théorique, en constituant un secteur de la physique nucléaire de la matière condensée. Actuellement, toutefois, il n’existe encore aucune théorie universellement partagée, à même d’expliquer le phénomène des réactions nucléaires à faible énergie rendant nécessaires encore de nombreuses études pour expliquer ses aspects théoriques et garantir les niveaux standard de reproductibilité des expérimentations afin d’en tirer de l’énergie utilisable.

En effet, la phase d’ingéniérisation du processus est encore loin car il manque encore une définition complète du phénomène physique qui constitue la base du processus dont la reproductibilité est un facteur essentiel. Au stade actuel de la recherche sur les réactions nucléaires à faible énergie, la reproductibilité, bien qu’elle ait amélioré au cours de ces dernières années, est encore insatisfaisante. En outre, la recherche sur les phénomènes en question est encore limitée au niveau des laboratoires vu que les expérimentations qui ont eu le plus de succès ont obtenu des développements de chaleur uniquement avec des puissances s’élevant à quelques fractions de watt.

Le travail d’études et de recherche mené jusqu’ici dans ce domaine également dans notre Pays dans des centres d’excellence, constitue l’instrument qui a permis d’identifier les lignes d’activité capables de produire des résultats importants et intéressants du point de vue scientifique. En effet, les études en la matière, tant théoriques qu’expérimentales, conduites dans le domaine de la science des matériaux ont permis accroître le contrôle sur ce phénomène en créant les prémices pour une compréhension complète.

Ces résultats, ainsi que l’intérêt incontestable que la recherche a envers la fusion froide en vue de futures applications énergétiques potentielles — bien que, probablement, sur une échelle réduite — suggèrent de saisir toutes les opportunités pour garantir la continuité des initiatives entreprises dans ce secteur.

En ce qui concerne le catalyseur d’énergie appelé E-catinvention de l’ingénieur italien Andrea Rossi qui pourrait révolutionner tout le système énergétique global vu qu’il serait capable de produire de l’énergie de façon économique et propre par rapport aux autres sources sur le marché – il convient de souligner que de nombreuses perplexités émergent quant au dispositif, dues au fait que les modalités de fonctionnement n’ont pas été communiquées par son inventeur. En effet, tant les aspects fondamentaux de la composition du combustible, que la structure intérieure du catalyseur sont encore protégés par le secret industriel.

Actuellement nous ne disposons d’aucune explication ni d’expérimentation ou articles sur des revues scientifiques internationales à même de démontrer la façon dont est obtenue l’énergie relevée par les systèmes de mesure, ce qui permettrait à des tierces personnes de reproduire ces mêmes expérimentations. En outre, mis à part le brevet délivré pour l’Italie, l’inventeur n’a pas obtenu les autres brevets, il n’aurait notamment pas obtenu celui au niveau européen. Entre autres, il convient de souligner à ce propos, qu’étant donné que la description de l’invention présentée par l’ing. Rossi visant à obtenir les brevets cités ci-dessus ne contient pas le « catalyseur secret » qui permettrait au dispositif de produire l’énergie, ce brevet s’avère donc intrinsèquement nul.

Entre autres, en effet, bien que, comme le réfèrent les questionneurs, le physicien Francesco Celani, au cours de la conférence de l’ISEO-WSEC (ONU), qui a eu lieu à Genève du 10 au 12 janvier 2012 a critiqué la NASA pour avoir caché pendant plus de vingt ans les résultats obtenus à partir des expérimentations sur la fusion froide menés déjà en 1989, il a néanmoins précisé à cette même occasion, que les déclarations que Rossi a faites sur l’E-cat devraient être prises avec une extrême attention, dans l’attente d’une vérification indépendante, qui devra être effectuée dans les plus brefs délais.

Pour ce qui concerne, en outre, la commercialisation de l’E-cat, il faut vérifier si le dispositif produit ou non de la radioactivité. A ce sujet, en effet, persistent encore des déclarations contrastantes de la part de son inventeur. A plusieurs occasions l’ingénieur Rossi aurait affirmé que dans son appareil « il ne se produit aucune réaction nucléaire », excluant donc implicitement, que son dispositif puisse être considéré un réacteur nucléaire. A d’autres occasions en revanche l’ingénieur aurait affirmé que l’E-cat produit seulement de faibles rayons gamma qui peuvent être bloqués facilement à l’aide d’une couche de plomb. Cela ne suffirait cependant pas à rendre son dispositif un produit facilement commercialisable.

Il faut en effet considérer que, tant la normative internationale que celle nationale (décret législatif 17 mars 1995, n. 230) établissent des règles très rigides concernant l’utilisation et la possession d’appareils qui produisent des radiations à haute énergie. Il s’ensuit que la procédure concernant l’obtention des certifications nécessaires en vue de la commercialisation d’un produit destiné à un usage privé qui devrait émettre des rayons gamma (bien que bloqués) se présente complexe et longue et à l’issue incertaine (vraisemblablement négative).

A la lumière des considérations exposées ci-dessus, nous retenons donc que ce n’est que dès que l’on sera en possession de résultats technico-scientifiques plus fiables, qu’il sera possible d’évaluer d’éventuelles applications concrètes du dispositif en question et en général de la « fusion froide » à petite échelle.

LE SOUS-SECRÉTAIRE D’ÉTAT
(Prof. Claudio De Vincenti)