Dernièrement des articles ont été publiés par d’importants quotidiens italiens, comme Repubblica, où des chercheurs attaquaient pour la énième fois l’existence de la fusion froide. Citons par exemple Carpinteri et Cardone qui se sont dissociés de la fusion froide pour suivre d’autres voies. La recherche du scoop journaliste et l’envie de faire parler de soi porte néanmoins à faire un peu de confusion.
Fabio Cardone, après avoir conçu le modèle piézoélectrique, a reçu des attaques de toutes parts, notamment de la part d’Alberto Carpinteri, Présdient de l’Inrim (Institut national de recherche métrologique). Ce qui frappe dans toute cette tempête médiatique est la désinvolture avec laquelle la fusion froide a été attaquée dans l’article de Repubblica qui prenait en dérision les recherches à ce sujet: « une nouvelle forme de fusion froide (la chimère annoncée en grande pompe en 1989 par les américains Fleischmann e Pons mais ensuite qui n’a jamais abouti à rien)  » … mais le mieux reste dans le titre, où la confusion règne entre les réactions piézonucléaires et la ff, réel objectif de cette contreverse. Voici ce que dit le titre: « ça suffit de jeter de l’argent dans des études inutiles, scientifiques anti-fusion froide « . Et Elena Dusi écrit dans le sommaire: « les chercheurs italiens contre la recherche sur l’énergie piézonucléaire annoncée par l’Institut de Métrologie: ils n’ont fait que copier des données, les financer serait un gaspillage d’argent public« . Une excellente stratégie celle d’attaquer la ff pour avoir la raison de leur côté.
En effet, il est difficile de comprendre quel rapport il y a entre Carpinteri et Cardone et la fusion froide vu qu’ils ont cultivé d’autres intérêts.
Donc, d’après le titre de Repubblica, la fusion froide apparaît bien comme la cible à toucher !! mais rappelons également qu’à présent son existence n’est plus considérée aussi utopique comme elle avait été dépeinte il y a 20 ans. A présent elle a réussi, si ce n’est à convaincre encore pleinement, du moins à susciter la curiosité et l’intérêt d’un grand nombre de chercheurs émérites à travers le monde comme le Cern de Genève, et notamment en Italie avec le Politechnique de Turin, l’Université de Pise et son département de Physique à la Sapienza de Rome. Mise à part l’Europe les USA s’intéressent également de prêt à la ff (LENR), ainsi que les différents départements de l’énergie et de la défense de la NASA.
Pourquoi alors encore tant de batailles l’un contre l’autre, à de si hauts niveaux ? Pour une question d’argent ? Une question de pouvoir de la part des groupes dominants ?

Pour tenter de mieux comprendre ces comportements, rappelons ce que dit l’un des plus grands philosophes de la science en s’interrogeant:

« Qu’est-ce que connaître ?
Remonter de quelque chose d’étranger à quelque chose de connu, de familier.
Premier principe : ce à quoi nous sommes habitués ne passe plus à nos yeux pour une énigme, un problème.
Emoussement du sentiment du nouveau, de l’étrange : tout ce qui advient régulièrement ne nous paraît plus relever d’une mise en question.
C’est pourquoi la recherche de la règle est l’instinct premier de celui qui connaît : alors que naturellement, avec la constatation de la règle, on ne « connaît » encore rien du tout !
D’où la superstition des physiciens : là où ils peuvent persévérer, c’est-à-dire là où la régularité des phénomènes permet l’utilisation de formules abréviatives, ils pensent qu’il y a eu connaissance.
Ils se sentent en « sécurité ». Mais derrière cette sécurité intellectuelle, il y a l’apaisement de l’anxiété : ils veulent la règle parce qu’elle dépouille le monde de son caractère terrifiant.
La terreur de l’incalculable comme arrière-instinct de la science. »
Nietzche, Œuvres Philosophiques Complètes, T. 12, p. 189. »
Nietzche, Œuvres Philosophiques Complètes, T. 12, p. 189

Comme on peut le noter, on est face à un vieux problème qui se repropose encore fortement aujourd’hui. Il est temps de mettre fin à ces dualités fertiles. Le monde scientifique est appelé à fournir des réponses concrètes face aux succès scientifiques, expérimentaux et institutionnels évidents de la fusion froide et des Lenr.

Le Belpaese, terriblement affaibli, doit se bouger et éviter de perdre encore du temps pour ne pas passer à côté de l’un des derniers trains que le génie italien possède encore…