La National Instruments, société américaine, la plus importante au monde pour la fourniture d’instruments pour les tests et les mesures dans le domaine de la technologie, a sponsorisé le 6 août dernier, à l’occasion de sa foire annuelle, NI Week, dans le Convention Center d’Austin (Texas), une démonstration d’un réacteur nickel-hydrogène (gaz), utilisant un fil de nickel, cuivre et manganèse et une structure particulière micronisée de l’interface.

James Truchard, co-fondateur, président et chief executive officer de la National Instruments, a déclaré qu’en ce qui concerne la fusion froide « cela fait 20 ans que nous fournissons gratuitement à quiconque en fait la demande des instruments, LabView, pour faire des tests tant pour démontrer l’existence que la non existence d’un phénomène. Jusqu’à présent il y a eu des douzaines de tests qui prouvent l’existence de production de “chaleur en excès” par le biais de la fusion nucléaire à faible énergie mais encore personne n’a utilisé nos instruments pour prouver qu’elle n’existe pas » (vidéo 15ème minute). En bref, il dit que tous les tests effectués depuis 1989 ont été favorables et aucun contraire. Il ajoute qu’il ne comprend pas pourquoi il y a une sorte de boycottage  de la politique scientifique américaine à l’égard de ces expérimentations

James Truchard n’a aucun intérêt dans cette histoire. Il dirige une des sociétés technologiques les plus respectées dans le monde depuis 1976 et travaille avec des centaines d’universités, de multinationales et des gouvernements. S’il parle donc maintenant en ces termes cela est probablement le signe que la fusion froide n’est vraiment pas une duperie.

Francesco Celani, physicien de l’Institut National de Physique Nucléaire à Frascati (Italie) a apporté un dispositif LENR qu’il a développé et qui utilise l’hydrogène gazeux et un fil de nickel traité de façon spéciale. Ce concept avait été lancé par Francesco Piantelli, en 1990. Celani a apporté son dispositif déjà chargé avec l’hydrogène car, pour des raisons de sécurité, il n’était pas possible d’introduire dans le stand des bouteilles d’hydrogène. Celani a ensuite lancé son dispositif après avoir placé des détecteurs de courant électrique  en entrée et d’énergie thermique produite, avec un système de détection et de mesure  élaboré par les techniciens de la N.I.

L’utilisation de l’hydrogène gazeux à la place du deutérium remonte à Piantelli qui à son tour avait été inspiré en partie par l’annonce faite en 1989 par Stanley Pons et Martin Fleischmann. Mais le concept de Piantelli était radicalement différent par rapport à celui de Pons-Fleischmann car il utilise de l’hydrogène et non pas du deutérium et il agit lors de la phase gazeuse et non pas dans une configuration électrolytique. Probablement Celani a repris l’utilisation de l’hydrogène gazeux suite au développement de l’appareil de Rossi et Focardi (collaborateur de Piantelli).

Letts, un expert indépendant présent à la démonstration d’Austin, a dit que l’expérimentation utilise un fil subtil de nickel et d’autres métaux (Cu-Mn) avec une structure particulière micronisée et qu’il est renfermé dans une chambre. Cette chambre est remplie d’hydrogène gazeux.  Généralement, l’hydrogène se trouve sous pression dans la chambre pendant environ trois jours puis il est absorbé dans le fil Cu-Ni-Mn. La chaleur en excès commence à apparaître après cette période de charge.

Pour cette démonstration, Celani et ses collaborateurs ont chargé le fil de nickel pendant trois jours à Rome avant de l’apporter au Texas. Puis ils ont pris le fil qui avait été pré-chargé à Rome et ils l’ont soumis à une nouvelle charge avec de l’hydrogène dans le laboratoire de Letts durant la nuit du dimanche au lundi.

Letts dit: « Dès que nous avons applique l’énergie électrique à faible voltage au système nickel-cuivre-hydrogène il s’est produit un réchauffement (48 Watt DC) et nous avons commencé à noter tout de suite la chaleur en excès. Il n’y avait aucune période d’incubation. Celani a placé huit thermocouples dans le réacteur et il mesura un excès de chaleur allant de 58 à 68 watts. Ainsi, le mini-réacteur a produit une moyenne de 10 watts de chaleur en excès de façon continue depuis le début de l’expérimentation, à 13h00, jusqu’à quand nous sommes partis, à 19h00 -. Pendant six heures”. Ensuite le dispositif a continué à fonctionner (hier dans la nuit cela faisant 55 heures d’affilée) et avec des pointes de production énergétique de 22 watt en excès (déclaration de Celani).

Celani a mis dans la cellule un autre fil inerte à travers lequel il a fait passer la même quantité de courant, servant de ligne base sur laquelle mesurer la production thermique sur le fil actif. Letts révèle que la National Instruments a fourni trois ingénieurs (dont Brian Glass) pour aider à configurer et à mesurer l’énergie produite. « Les ingénieurs de la National Instruments ont fait un travail fantastique car ils ont tout assemblé et ont fait le câblage pour obtenir les parties dont nous avions besoin« , a-t-il dit. Celani a ainsi démontré que les LENR sont potentiellement une nouvelle source d’énergie à très bas coûts et sans production aucune d’élément radioactif ou polluant. N.I. croit en les possibilités des LENR.

La démonstration du réacteur de Celani a eu lieu face à 5000 participants et à de nombreux ingénieurs et experts en la matière. C’est probablement un énorme pas en avant pour le développement futur de la technologie LENR, même s’il reste encore de nombreux éléments obscurs (en premier lieu s’il s’agit effectivement de réactions nucléaires ou d’interactions de toute autre nature) et de nombreuses études sont encore nécessaires du point de vue pratique et surtout technique. Les partisans des LENR ont néanmoins marqué un point à leur avantage…

Ci-après la vidéo de l’intervention de James Truchard: