De la découverte des neutrinos super-rapides en passant par les grandes théories du cosmos: un voyage surprenant à l’intérieur des méandres de la science qui a fait l’objet de la rencontre « La physique du futur » qui a eu lieu au Kursaal de Giulianova. Hôte d’exception, l’astrophysicienne italienne Margherita Hack, quasi nonagénaire, a tenu une conférence vidéo, le 8 décembre dernier, avec plus de 250 jeunes de l’Institut technique industriel et professionnel «Crocetti-Cerulli» de Giulianova (Abruzzes). La conférence s’intitulait: Matière obscure et fusion froide les opportunités futures. Elle a illustré les grandes révolutions de la physique des étoiles et l’importance de la recherche dans le système universitaire national.

Cette rencontre, introduite par les salutations du Maire, M. Francesco Mastromauro, de la prof Leonilde Maloni et de l’adjoint au maire, Nausicaa Cameli, a tout de suite attiré l’attention sur les opportunités de la physique dans un contexte économique critique comme celui actuel. En introduction intervient le savant Marco Santarelli, chercheur au Cnr et professeur à l’Université de Teramo qui invite les jeunes à «décortiquer les nouvelles» et à ne pas se laisser transporter par un flux «d’informations fragmentées et précaires». En somme, la précision et la remise en question, le doute et la curiosité avant tout et la recherche comme guide pour un futur meilleur. Mme Hack elle aussi est d’accord sur ce point et elle reçoit un applaudissement très chaleureux. Elle souligne la valeur «de la recherche pure, conduite grâce à la curiosité scientifique, qui trouve souvent des applications pratiques très importantes. C’est pour cela, dit-elle, que les chercheurs devraient pouvoir travailler en toute sécurité, avec des garanties professionnelles et des financements».

C’est au tour de Paola Catapano, communicatrice scientifique du Cern, elle aussi en liaison vidéo depuis Genève. L’argument se déplace sur la récente expérimentation qui, en collaboration avec les laboratoires du Gran Sasso, a relevé la vitesse super-luminale des neutrinos. «Tout doit être encore vérifié – souligne-t-elle car pour des découvertes de cette ampleur des contrôles et des expérimentations extérieurs indépendantes sont indispensables. Le prochain conduit par le Fermilab du Massachusset se conclura en février 2012. Concernant les doutes de certains savants du Cern, qui n’ont pas souscrit le document de l’expérimentation du 26 septembre, Catapano répond de la manière suivante: «La science a besoin de vérifications rigoureuses qui sont déjà en cours. Laissons le temps d’avoir les résultats du contrôle des données et des informations certaines ».

Au fond, même Mme Hack a souligné que «la science travaille de la façon suivante: les théories se corrigent et rien ne reste immobile à jamais». Et le futur ? Pour la grande astrophysicienne les deux voies principales sont: «La fusion froide capable de produire de l’énergie nucléaire sûre et l’étude de la matière obscure qui compose la majeure partie de l’univers»…

Source: http://www.altraparola.it/l-altra-cronaca/1193-margherita-hack-il-futuro-nella-fusione-fredda.html?tmpl=component&print=1&layout=default&page