Ces derniers temps, l’énergie fait beaucoup parler de soi. Que ce soit en raison de la hausse constante du prix du pétrole ou de l’absence totale (c’est honteux mais cela existe encore) d’électricité et d’eau potable dans certains pays sous-développés, le besoin et la recherche désespérée d’autres sources énergétiques propres et à bon marché hante tout sujet sur la planète.
Aux dires des chercheurs qui ont perpétré durant les années qui suivirent les découvertes de Fleishmann&Pons, les expériences proposées par ces pionniers il y a plus de 20 ans, la solution se trouverait dans la source qui nous est particulièrement à cœur, sujet de nouveau au sein des polémiques car elle dérange, et même énormément: la fusion froide.
La fusion froide est, à première vue, une impossibilité, du jamais vu et cela non seulement en raison de la difficulté (ou impossibilité) d’obtenir un atome plus lourd depuis deux atomes légers relâchant beaucoup d’énergie mais également de la mauvaise réputation que la presse lui a réservée suite aux problèmes de reproduction de cette découverte, tout ceci en faveur de ses détracteurs qui n’avaient aucun avantage à ce que cette nouvelle source d’énergie fût officiellement reconnue.

On pourrait croire qu’après le raté magistral de Fleischmann& Pons, les expériences dans le domaines se soient arrêtées. Pas du tout. L’humain étant d’un naturel curieux (voire obstiné), les expériences continuèrent. Au vu du passé sulfureux de la Fusion Froide, on renomma les études scientifiques sur ces phénomènes d’un « Low Energy Nuclear Reaction » (LENR) plus consensuel. Et récemment, ces expériences diverses, menées la plupart du temps dans la discrétion de laboratoires très peu médiatisés, ont amené un certain nombre de scientifiques à revoir légèrement leur position initiale.
C’est ainsi qu’en novembre dernier, une conférence du Glenn Research Center de la NASA a officiellement présenté le résultat de ses recherches en la matière. Cette conférence fut suivie d’une interview de l’un des chercheurs qui explique, assez clairement, que les expériences menées ont bel et bien constaté un excès d’énergie.
Dans d’autres laboratoires, des expériences similaires ont, elles aussi, abouti à produire entre 25% et 70% d’énergie en plus de celle injectée dans le système. Tous les expérimentateurs s’accordent cependant à admettre l’aspect instable et transitoire des réactions observées: en clair, il y a bien quelque chose, mais on a beaucoup de mal à le répéter de façon systématique et continue.

Là où cela devient intéressant, c’est lorsqu’on se rend compte que ces informations ont maintenant dépassé le stade du purement confidentiel dans les médias outre-atlantique et dans une partie des médias occidentaux scientifiques.

En revanche, la presse traditionnelle, et notamment française, se fait fort de ne révéler aucune de ces expériences et aucun de ces développements. Cela est tout à fait compréhensible en raison de la précédente (més)aventure de la Fusion Froide et de l’embarras qui en a résulté.
On comprend aussi qu’avec des expériences massives et extrêmement coûteuses en argent public comme ITER sur le sol français, il serait assez mal venu de se rendre compte que toutes ces dépenses nous mènent à l’impasse pendant que des expériences bien plus simples et moins dispendieuses permettent d’obtenir des résultats sinon décisifs, du moins prometteurs et intéressants.
Enfin, on n’aura aucun mal à imaginer les enjeux des développements qu’on peut attendre d’une « fusion froide » maîtrisée: il s’agit ici d’une source d’énergie extrêmement abondante et probablement très propre. Elle viendrait chambouler radicalement l’emprise des géants pétroliers et gouvernementaux dont une partie du pouvoir repose sur la maîtrise des énergies.

Dès lors, on peut s’attendre à une bataille assez âpre entre les différents acteurs de cette nouvelle aventure humaine et c’est pourquoi il faut s’y intéresser dès à présent et tenter de bien en comprendre les différents tenants et les aboutissants.

Entre-temps laissons-nous aller au rêve d’une voiture qu’on ne rechargerait quasiment jamais, de production électrique résidentielle totalement décentralisée et d’une énergie disponible aussi bien pour les occidentaux que pour les habitants des pays émergents.

Mais ne nous leurrons pas: les obstacles sont nombreux et l’échec parfaitement possible. Si ça se trouve, la fusion froide, ça n’existe pas. Mais en tout cas, une chose est sûre. Si la presse française (et italienne) n’en parle pas, si elle passe systématiquement à côté du sujet, c’est bon signe: c’est que c’est probablement important…