Ce qui a été le plus surprenant dans le projet Athanor c’est probablement le lieu où il est né: un lycée romain, l’IIS Pirelli. Donc provoquer des réactions LENR est plus facile que ce que l’on croit ?                                                                                                                                           Pas du tout. D’abord nos résultats font l’objet d’une analyse attentive de la part de la communauté scientifique certifiée et de la part de chercheurs indépendants pour répliquer notre expérimentation et éventuellement confirmer nos rendements. Ensuite il ne faut pas oublier que l’école dispose de deux atouts fort puissants permettant d’affronter également des thématiques aussi difficiles que les LENR: la discrétion scientifique et l’absence de tout refus à priori, qui en revanche font défaut chez les grands scientifiques.

Durant l’année scolaire comment s’est passé le rapport avec les élèves ? de quelle façon ont-ils pu interagir avec les recherches ?                                                                                                                                                                                                                                                                                                         Ils ont interagi de façon excellente: ils ont été informés quant aux hypothèses, objectifs et modalités planifiées de façon schématique; ils ont avancé des propositions, ils ont été actifs, curieux, ils ont participé au peaufinage de la programmation, à la discussion critique des résultats partiels, à la construction et au test des apparats, à la conduction des mesures, au recueil et à l’organisation de la documentation multimédiale, à la réalisation de la communication et ont matériellement organisé le congrès public: une expérience complète. Et ils ont surtout appris que l’école n’offre pas seulement des certitudes quant aux secteurs déjà connus mais qu’elle offre également des instruments permettant de se forger librement sa propre capacité critique à l’égard de sujets qui font encore l’objet de débats.

Quand on parle de fusion froide, le mot clef au cours de ces derniers dix-huit mnois a été E-cat. Quels sont les points communs entre votre travail et celui de l’ingénieur Andrea Rossi ? les deux réacteurs sont-ils selon vous semblables au niveau théorique ? Et en ce qui concerne les potentialités techniques ?                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  Il y a des points communs et des différences. La principale analogie est celle de l’utilisation de l’hydrogène, dans l’E-cat sous forme gazeuse, dans notre appareil sous forme électrolytique, sur des métaux catalyseurs. La principale différence est que dans notre appareil les particules sont refroidies par la solution qui s’évapore, et synthétisent moins en continuant à offrir une grande surface à la réaction. Les potentialités applicationnelles sont extrêmement élevées dans les deux cas.

D’après vos connaissances sur ce terrain, pensez-vous que les promesses d’entreprises telles la Leonardo Corporation ou la Defkalion seront respectées ? En bref, selon vous, en 2013 nous aurons des « chauffe-eau” à fusion froide dans le commerce ?                                                                                           C’est ce que je souhaite vivement mais malheureusement je constate qu’il y a des problèmes dont la nature n’est pas claire (mais certainement pas technique) qui entravent le décollage, probablement attribuables à des “freins” extérieurs au groupe des expérimentateurs.

Si nous avons bien compris, votre réacteur devrait etre déjà breveté. Nous avons lu que vous avez l’intention de faire connaitre les spécificités techniques de votre invention, de façon à permettre à tout professionnel du secteur, doté d’un laboratoire équipé de répliquer vos tests. Pouvez-vous nous confirmer cette intention et nous dire s’il est déjà possible de visionner des donne ?                                                                                                                   Certainement, ma promesse a déjà été transformée en des faits. Sur internet on trouve déjà les dessins de la construction, les suggestions pour la réplication (nous-mêmes sommes en train d’aider cinq groupes externes à construire des “clones” de notre réacteur), les résultats de nos tests, les protocoles partagés développés en collaboration avec les expérimentateurs qui ont adhéré au défi posé par la modalité Open Source. Un site qui est déjà en train de suivre depuis le début de façon ponctuelle l’action de divulgation est “22Passi” modéré par Daniele Passerini, avec beaucoup d’autres bien sûr dans le monde entier. Dans de brefs délais, le site officiel de l’expérimentation Athanor sera actif et il sera possible d’en saisir en toute liberté les contenus…